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Grand Emprunt : piochant dans de multiples enveloppes, le logiciel n'est pas zappé selon l'Afdel

19.11.2009

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Grand Emprunt : piochant dans de multiples enveloppes, le logiciel n'est pas zappé selon l'Afdel

Par vraiment mis sur le devant de la scène dans le rapport de la commission Juppé-Rocard, le logiciel ne sera pas l'oublié du Grand Emprunt, juge l'Afdel. Selon l'association d'éditeurs, la filière sera servie via de multiples enveloppes. Autre enjeu majeur pour le secteur : la création de grands datacenters, pour faire entrer l'industrie française dans l'ère du Cloud Computing.

  


Rebelote. Après un Plan Numérique 2012, présenté par le gouvernement en octobre 2008, et qui faisait presque l'impasse sur le logiciel et l'informatique professionnelle, le rapport remis aujourd'hui par la commission Juppé-Rocard semble de nouveau oublier tout ce pan de l'économie. Si 4 des 35 milliards d'emprunt envisagé concerne bien les investissements "dans la société numérique", l'enveloppe doit être consacrée à parts égales au très haut débit et au développement des usages et contenus numériques. Bref, le plan paraît zapper le secteur du logiciel et des services (qui emploie 280 000 personnes environ, selon les derniers chiffres de la chambre syndicale des SSII et éditeurs, Syntec Informatique).

Simple impression trompeuse, estime toutefois Patrick Bertrand, le président de l'Afdel (Association française des éditeurs de logiciels), qui dit retrouver dans le rapport de nombreuses propositions mises en avant par son organisation : "la commission Juppé-Rocard n'avait pas vocation à faire un catalogue ciblant des filières. Je suis satisfait de la façon dont le débat a été posé : la commission a clairement affirmé que le levier de croissance réside dans l'innovation, et non plus dans les industries traditionnelles. Et ça, c'est un vrai changement. Le décor est posé, il faut maintenant jouer la pièce". Une façon de dire que la phase la plus importante commence, celle où les acteurs devront s'assurer de la répartition des grandes masses définies par la commission Juppé-Rocard.
 
2 milliards pour les PME innovantes
 
Joint au téléphone, Didier Lamouche, Pdg de Bull, ne dit pas autre chose. "Nous militons pour l'implantation d'usines numériques, pour le cloud computing et la simulation numérique. J'espère simplement que ce projet-là a bien été intégré à l'une des deux enveloppes, les usages ou les réseaux. Si ce n'était pas le cas, ce serait une grosse erreur."
 
"Nous devrons par exemple nous assurer que le volet innovation (3,5 milliards pour les "campus d'innovation de dimension mondiale", ndlr) prend bien en compte la R&D logicielle, détaille Patrick Bertrand. Garantir que l'enveloppe sur le haut débit (2 milliards) serve bien à financer les centrales numériques. Ou encore veiller à ce que les usages du logiciel soient poussés dans les dossiers relatifs à l'écologie (développement de villes durables, 2,5 milliards ; énergies décarbonées et efficacité dans la gestion des ressources, 3,5 milliards, ndlr)".
 
Le président de l'Afdel et directeur général de l'éditeur Cegid ajoute à cet inventaire une autre thématique mis en avant depuis des mois par l'association : le financement des PME du logiciel. La commission Juppé-Rocard prévoit de consacrer 2 milliards au développement des PME innovantes : "je ne vois pas comment le logiciel n'en profiterait pas", estime Patrick Bertrand.
 
Grand Emprunt : les fonds du Plan Numérique 2012 ?
 
Reste que cette seconde phase - essentielle, puisqu'elle aboutira à l'attribution effective des fonds à des projets - demeure très floue, Patrick Bertrand n'ayant pour l'heure pas d'information sur les échéances à venir. Et d'ajouter que, dans son esprit, ces décisions devraient toutefois s'articuler avec le Plan Numérique 2012, présenté il y a un an : "la roadmap a été écrite à ce moment. On devrait logiquement retrouver une corrélation et trouver, dans le Grand Emprunt, une partie des financements de ce plan". A l'époque, Jean Mounet, président de Syntec informatique, autre organisme représentant les éditeurs, estimait que le plan était particulièrement pauvre concernant le logiciel.

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par Reynald Fléchaux, Le Mag IT

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