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La technique expliquée, pas vendue

Garantie, vices cachés : qui doit prouver quoi et quand

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Un appareil qui tombe en panne quelques mois après l’achat déclenche souvent la même hésitation : est-ce couvert, et par qui. Entre garantie légale, garantie commerciale et vices cachés, trois régimes coexistent, avec des règles différentes sur la preuve à apporter et les délais à respecter. Les distinguer évite de se laisser décourager par un vendeur qui invoque, à tort, l’expiration d’une garantie.

La garantie légale de conformité, la plus protectrice

Face à un vendeur professionnel, tout achat de bien neuf ou d’occasion bénéficie d’une garantie légale de conformité d’une durée de deux ans à compter de la livraison. Elle couvre les défauts de conformité existant au moment de la livraison, même s’ils ne se manifestent que plus tard : une panne électronique, une pièce défectueuse, un logiciel qui ne fonctionne pas comme annoncé.

Le point le plus important, souvent ignoré des acheteurs, concerne la charge de la preuve. Pendant les douze premiers mois suivant l’achat d’un bien neuf (six mois pour un bien d’occasion depuis les évolutions récentes du droit de la consommation), c’est au vendeur de prouver que le défaut n’existait pas au moment de la vente, et non à l’acheteur de prouver le contraire. Passé ce délai, et jusqu’à la fin des deux ans, la charge de la preuve s’inverse : c’est alors à l’acheteur de démontrer que le défaut est bien d’origine.

La DGCCRF, direction chargée de la protection des consommateurs, rappelle que cette garantie légale s’applique automatiquement, sans qu’il soit nécessaire de l’avoir souscrite ou payée séparément, et qu’un vendeur ne peut ni l’exclure ni la restreindre par contrat.

La garantie commerciale, un service en plus, pas un dû

La garantie commerciale, parfois appelée extension de garantie, est proposée en plus de la garantie légale, généralement moyennant un coût supplémentaire. Elle est facultative pour le vendeur, qui en fixe librement les conditions : durée, couverture, exclusions. C’est un contrat distinct, dont les termes précis doivent être remis par écrit avant ou au moment de l’achat.

La confusion la plus fréquente consiste à croire que l’absence de garantie commerciale, ou son expiration, prive l’acheteur de tout recours. C’est faux : la garantie légale de conformité continue de s’appliquer indépendamment, pendant ses deux ans, que l’acheteur ait ou non payé une extension.

Les vices cachés, un recours plus exigeant

La garantie des vices cachés est mobilisable dans tous les cas, y compris face à un vendeur particulier, ce qui la rend précieuse pour les achats d’occasion entre particuliers où la garantie légale ne s’applique pas. Elle couvre un défaut suffisamment grave pour rendre le bien impropre à son usage normal, ou pour en diminuer fortement l’usage, à condition que ce défaut n’était pas apparent au moment de l’achat et existait déjà à ce moment-là.

Ici, la charge de la preuve revient systématiquement à l’acheteur, qui doit démontrer à la fois l’existence du défaut, son caractère caché au moment de la vente, et son antériorité par rapport à l’achat. C’est souvent le point le plus difficile à établir sans expertise, ce qui explique pourquoi ce recours reste moins utilisé que la garantie légale de conformité. Le délai pour agir est de deux ans à compter de la découverte du vice, et non de la date d’achat.

Ce qui n’est généralement pas couvert

Aucune de ces trois garanties ne couvre une panne résultant d’une mauvaise utilisation manifeste : chute, contact avec un liquide, exposition à une chaleur excessive, ou modification non autorisée de l’appareil. Un vendeur peut légitimement refuser la prise en charge s’il démontre que le défaut provient d’un usage anormal plutôt que d’un problème de conception. C’est précisément pour cette raison que la question de la preuve, évoquée plus haut, prend toute son importance : plus le délai depuis l’achat est court, plus la présomption joue en faveur de l’acheteur.

Il faut aussi distinguer une panne d’un simple désaccord sur les performances ou les fonctionnalités d’un appareil qui fonctionne conformément à sa description. Un smartphone qui manque d’autonomie par rapport à ce qu’espérait l’acheteur, sans que sa batterie présente un défaut mesurable, ne relève d’aucune des trois garanties : c’est un problème de choix au moment de l’achat, pas de conformité.

Ce qu’il faut faire en cas de panne

Avant d’invoquer une garantie, quelques réflexes simplifient la démarche :

  • Conserver systématiquement la preuve d’achat (facture, ticket de caisse), indispensable pour faire valoir n’importe laquelle des trois garanties.
  • Décrire précisément le défaut par écrit au vendeur, par courrier ou message, plutôt que par un simple appel téléphonique, pour garder une trace datée.
  • Ne pas se laisser convaincre qu’une réparation est à la charge de l’acheteur si le défaut relève manifestement d’un problème de conception ou de fabrication.
  • Rappeler explicitement, si besoin, l’existence de la garantie légale de conformité, que certains vendeurs omettent volontairement de mentionner au profit de leur seule garantie commerciale payante.

Le vendeur, de son côté, doit proposer une réparation ou un remplacement du bien, sauf si l’une de ces deux solutions est impossible ou entraîne un coût manifestement disproportionné. Ce n’est que dans ce cas qu’un remboursement, total ou partiel selon l’usage déjà fait du bien, peut être exigé à la place. Un vendeur ne peut pas imposer d’office un simple avoir ou bon d’achat comme seule issue, sans avoir d’abord proposé une réparation ou un remplacement à l’acheteur.

Un droit qui s’applique même sans y penser

La garantie légale de conformité ne nécessite aucune formalité d’adhésion : elle protège tout acheteur, y compris celui qui n’a jamais entendu parler des vices cachés ni lu les conditions générales de vente. Connaître ces distinctions permet surtout de ne pas se laisser dissuader par un discours commercial qui présenterait une réparation payante comme la seule option. Pour les vérifications à faire avant un achat d’occasion, notre article sur l’achat d’un appareil d’occasion détaille les points de contrôle utiles.


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